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Références scientifiques

La rééducation périnéale

Telle que définie par l’Ordre Professionnel de la Physiothérapie du Québec : « Au Québec, la rééducation pelvi-périnéale est un champ particulier de l’exercice de la physiothérapie qui s’est développé vers la fin des années 80 et qui connaît un essor croissant, tant au niveau de ses indications cliniques que de sa reconnaissance. En effet, aujourd’hui, la pratique de la rééducation périnéale en physiothérapie fait désormais partie intégrante de guides de pratique approuvés par différentes associations, qui reconnaissent cette pratique comme une intervention de première ligne. La rééducation pelvi-périnéale vise à identifier les déficiences et les incapacités de la fonction physique reliées au système neuromusculosquelettique associées ou à l’origine de ces problèmes, à déterminer un plan de traitement et à réaliser des interventions en vue de normaliser les dysfonctions, notamment au niveau du plancher pelvien. La rééducation pelvi-périnéale participe donc au traitement de diverses conditions par des interventions dans le domaine de la physiothérapie. »

L’incontinence urinaire

Les évidences scientifiques démontrent que la perte de poids réduit considérablement les symptômes d’incontinence urinaire chez les femmes en surpoids. Une perte de poids de 5% réduit les symptômes significativement (ICI, 2016).

La prise de caféine augmente les urgences urinaires et la fréquence des urines. La réduction de la prise de caféine réduirait ainsi les symptômes (ICI, 2016)

Recommandation : « L’entraînement du plancher pelvien supervisé devrait être offert comme traitement de première ligne aux gens qui présentent de l’incontinence urinaire d’effort, d’urgence ou mixte (Grade A). Les cliniciens devraient donner le programme d’entraînement du plancher pelvien le plus intensif possible. Les programmes enseignés et supervisés par des professionnels de la santé entraînés sont meilleurs que ceux réalisés seul à la maison et plus de contact avec le professionnel est mieux que pas assez (Grade A). » (International Consultation on Incontinence 2013, dans Dumoulin et al., 2016)

Recommandation : « Pour les femmes qui présentent de l’incontinence urinaire d’effort, les cônes vaginaux utilisés lors de sessions d’entraînement supervisées par un professionnel peuvent être un traitement de première ligne à celles qui sont capables et prêtes à les utiliser (Grade B). L’évaluation par un professionnel de la santé entraîné est recommandé (Grade D). » (International Consultation on Incontinence 2013, dans Dumoulin et al., 2016)

Le renforcement du plancher pelvien et la prise de médication sont tous deux efficaces pour réduire les urgences et les incontinences associées cependant, le renforcement musculaire est à préconiser considérant l’absence d’effets secondaires (ICI, 2016).

Recommandation : « L’électro-stimulation peut être meilleure qu’aucun traitement pour améliorer les symptômes. Certains ne peuvent l’utiliser à cause de contre-indications ou parce qu’ils n’aiment pas ou expérimentent des difficultés à l’utiliser (Grade B). » (International Consultation on Incontinence 2013, dans Dumoulin et al., 2016)

Recommandation : « L’entraînement vésical peut être un traitement de première ligne approprié pour l’incontinence urinaire (Grade A). » (International Consultation on Incontinence 2013, dans Dumoulin et al., 2016)

Recommandation : « Pour les femmes avec de l’incontinence urinaire d’urgence ou mixte, l’entraînement du plancher pelvien et l’entraînement vésical sont recommandés comme traitements de première ligne efficaces (Grade B). Pour les femmes avec de l’incontinence urinaire d’effort, l’entraînement du plancher pelvien est meilleur que l’entraînement vésical comme traitement de première ligne (Grade B). » (International Consultation on Incontinence 2013, dans Dumoulin et al., 2016)

Recommandation : « L’entraînement vésical ou la médication anticholinergique pour les femmes avec une hyperactivité du détrusor ou de l’incontinence urinaire d’urgence sont efficaces (Grade B). L’entraînement vésical peut être préféré par certains car il ne produit pas d’effet secondaire comparativement à la médication (Grade D). » (International Consultation on Incontinence 2013, dans Dumoulin et al., 2016)

« L’entraînement du plancher pelvien est mieux qu’aucun traitement, qu’un placebo ou qu’un traitement contrôle inactif pour les femmes qui présentent de l’incontinence urinaire d’effort et tous types, mais il n’y a pas d’information sur les femmes qui présentent seulement de l’incontinence urinaire d’urgence ou mixte. Les femmes traitées avec l’entraînement du plancher pelvien sont plus susceptibles de rapporter une résolution complète ou une amélioration, ont une meilleure qualité de vie, ont moins de fuite urinaire par jour, perdent moins d’urine par fuite que les contrôles. Les femmes sont aussi plus satisfaites avec l’entraînement du plancher pelvien et leur vie sexuelle est mieux. Des évidences soutiennent la diffusion de la recommandation que l’entraînement du plancher pelvien doit être inclus dans les programmes de traitements conservateurs de première ligne pour l’incontinence urinaire d’effort et chez les femmes qui ont une variété de types d’incontinence. » Dumoulin et al., 2015 revue systématique Cochrane

L’incontinence urinaire post-prostatectomie

Le recours à la continence ce fera plus rapidement si des exercices de plancher pelvien sont pratiqués avant ou rapidement en post-chirurgie de la prostate chez l’homme (ICI, 2016).

« L’ajout de la rétroaction biologique au renforcement du plancher pelvien engendre des bénéfices supplémentaires pour les hommes qui ont subi une prostatectomie radicale et qui ont de l’incontinence urinaire. » Hsu et al., 2016, méta-analyse

« Les mesures objectives de l’incontinence urinaire prouvent des bénéfices immédiats de la rétroaction biologique sur l’incontinence urinaire, ce que les mesures subjectives ne démontrent pas. » Hsu et al., 2016, méta-analyse

« Une forte association entre le retour de la fonction érectile et la continence urinaire est observée, les hommes continents ayant 5,4 fois plus de chances de retrouver leur fonction érectile. L’entraînement du plancher pelvien avec rétroaction biologique semble avoir un impact significatif sur le retour de la fonction érectile après une prostatectomie radicale. » Prota et al., 2012

Les douleurs vaginales et vulvaires

Le traitement de physiothérapie multimodale pour traiter la vestibulodynie provoquée (incluant le biofeedback, les étirements, l’enseignement, le travail manuel et l’utilisation du dilatateur) c’est avéré largement supérieur au traitement avec une crème topique anesthésiante chez plus de 220 femmes dans une large étude clinique randomisée multi-centrique s’étant, entre autre, concentré au Centre d’expertise Cigonia pour l’application des traitements chez les femmes atteinte de douleur sexuelles. Les dix séances de physiothérapie du plancher pelvien ont permis de réduire la douleur lors des relations sexuelles causée par la vestibulodynie de 7,3/10 à 2,7/10. (Morin et al., 2017)

De cette étude découlent, entre autre, les conclusions suivantes:

  • La physiothérapie serait plus efficace que la lidocaïne pour augmenter l’ouverture vaginale et donc la tolérance à l’étirement.
  • La physiothérapie serait plus efficace que la lidocaïne pour augmenter la force et le contrôle des muscles du plancher pelvien.
  • La physiothérapie serait plus efficace que la lidocaïne pour réduire la dramatisation, la peur de la douleur et la peur de la pénétration vaginale.
  • La physiothérapie et la lidocaïne permettent d’améliorer l’endurance des muscles du plancher pelvien.
  • La physiothérapie et la lidocaïne permettent de réduire l’humeur dépressive et le trait d’anxiété.

La physiothérapie du plancher pelvien est une intervention de première ligne recommandée pour traiter la vulvodynie (Grade B). » (Goldstein et al., 2016)

« Les interventions psychologiques sont recommandées pour traiter la vulvodynie (Grade B). » (Goldstein et al., 2016)

Huit séances de physiothérapie du plancher pelvien ont permis de réduire la douleur lors des relations sexuelles causée par la vestibulodynie de 6,7/10 à 2,2/10. 77% des participantes se sont dites complètement guéries ou fortement améliorées. (Goldfinger et al., 2009)

Le traitement de physiothérapie permet, chez les femmes atteintes du vestibulodynie, d’augmenter la force du plancher pelvien, d’améliorer la capacité à relâcher après une contraction et la flexibilité. L’hypertonie a été réduite en post-traitement. (Gentilcore-Saulnier et al., 2010)

Les traitements de physiothérapie sont un adjuvant essentiel à la vestibulectomie ( intervention chirurgicale suggérée en dernier recours) (Goetsch, 2007)

La grossesse et l’accouchement

Le renforcement supervisé du plancher pelvien durant la grossesse réduit les risques de développer de l’incontinence urinaire durant et après la grossesse (ICI, 2016)

Le renforcement supervisé du plancher pelvien est supérieur au renforcement non supervisé (ICI, 2016).

Le renforcement intensif du plancher pelvien est un traitement de première ligne chez les femmes présentant des incontinences urinaires après l’accouchement (ICI, 2016)

Lésion du plancher pelvien à l’accouchement d’un 1er bébé. Étude-maison Cigonia rétrospective :

Le suivi en physiothérapie combiné à des étirements du plancher pelvien manuels faits par le conjoint réduisent de 43% le risque de lésion de grade 2 ou +, comparativement à aucune intervention.

Le suivi en physiothérapie combiné à des étirements du plancher pelvien faits avec l’Epi-no réduisent de 48% le risque de lésion de grade 2 ou +, comparativement à aucune intervention.

Recommandation : « Les femmes enceintes d’un premier bébé devraient suivre un entraînement supervisé et à haute intensité pour renforcer leur plancher pelvien afin de prévenir les incontinences urinaires en post-partum (Grade A).

L’approche actuelle durant la grossesse, c’est-à-dire de donner des instructions verbales ou écrites sans confirmer que la contraction est bien exécutée ou entraînement supervisé, devrait être revue. » (International Consultation on Incontinence 2013, dans Dumoulin et al., 2016)

Recommandation : « L’entraînement du plancher pelvien devrait être offert comme traitement conservateur de première ligne pour l’incontinence urinaire qui persiste au-delà de 3 mois post-partum (Grade A). L’entraînement intensif du plancher pelvien (supervisé et avec plusieurs exercices) est susceptible d’augmenter l’effet du traitement (Grade B) ». (International Consultation on Incontinence 2013, dans Dumoulin et al., 2016)

Recommandation : « Les professionnels de la santé devraient soigneusement considérer les coûts/bénéfices d’approches basées sur la population chez les professionnels qui travaillent avec une clientèle en périnatalité. Les instructions sur l’entraînement du plancher pelvien devraient être données à toutes les femmes en pré ou en post-partum, sans égard à leur état de continence ou d’incontinence actuel et antérieur (Grade B) ». (International Consultation on Incontinence 2013, dans Dumoulin et al., 2016)

Le renforcement du plancher pelvien durant la grossesse réduit le risque de développer de l’incontinence anale après l’accouchement (ICI, 2016)

La prévalence de l’incontinence urinaire lors d’un accouchement par voie vaginale est le double de ce que l’on retrouve chez les femmes ayant accouché par césarienne (ICI, 2016)

Les descentes d'organes

Une corrélation existe entre la presence de constipation et le fait de développer des symptômes de descentes d’organes et de devoir avoir recours à une chirurgie (ICI, 2016).

Recommendation: « L’entraînement du plancher pelvien peut améliorer les symptômes de prolapsus et réduire leur sévérité (Grade A). » (International Consultation on Incontinence 2013, dans Dumoulin et al., 2016)

La diastase des grands droits

Exercices prénataux :« L’entraînement du transverse de l’abdomen pendant la grossesse permet de réduire la présence de diastase des grands droits de 35%. Donc pour 3 femmes enceintes qui entraînent leur transverse de l’abdomen, une femme ne développera pas de diastase. » (Benjamin et al., 2014, revue systématique)

« Après 6 semaines d’entraînement en renforcement abdominal, la largeur de la diastase est moindre dans le groupe entraîné (11,4 mm ± 3,8) comparativement au groupe non-entraîné (59,5 mm ± 23,6]. » Chiarello et al., 2005

Exercices post-nataux :« Deux séances d’entraînement abdominal faites à 6h et 18h post-partum ont causé une réduction de 13% de la diastase à 3 jours post-partum (4,4 mm) VS 5% (1,7 mm) dans le groupe contrôle. » Mesquita et al., 1999

« Un programme d’exercices de 6 semaines exécuté 8 ans après l’accouchement a causé une amélioration de 79% des douleurs abdominale et lombaire, de la fatigue et de la faiblesse des abdominaux. » (Zappile-Lucis, 2009)

Lien diastase et plancher pelvien :« Chez les femmes non-enceintes, celles qui ont une diastase plus large ont un plancher pelvien plus faible que celles qui n’ont pas de diastase ». (Spitznagle et al., 2007)

« Les femmes enceintes qui présentent une diastase plus large ont une fonction du plancher pelvien plus faible. Ces résultats suggèrent que les femmes enceintes qui ont une large diastase devraient subir une évaluation de la force du plancher pelvien puis avoir un programme d’entraînement afin de prévenir les futures dysfonctions causées par une faiblesse de ces muscles. » Fernandes et al., ICS 2014